UEH à Jacmel : six ans après la donation de Lafontant Louis, le projet de faculté de droit piétine
Jacmel, 9 mars 2026 – Six ans après la pose de la première pierre, le projet de construction d’une nouvelle faculté de droit pour l’Université d’État d’Haïti (UEH) à Jacmel demeure inachevé. Conçue pour offrir un campus moderne aux étudiants de l’École de droit et des sciences économiques de Jacmel (EDSEJ), cette initiative est aujourd’hui à l’arrêt, une situation qui continue d’affecter les conditions d’apprentissage et de susciter des interrogations dans le département du Sud-Est.
Le projet avait été officiellement lancé en mars 2020 à la suite d’une donation de terrain faite par Lafontant Louis, ancien consul d’Haïti en Guadeloupe. Celui-ci avait offert environ 30 centièmes de terrain à Breman, dans la périphérie de Jacmel, afin de permettre l’implantation du futur campus universitaire. À l’époque, ce geste avait été largement salué comme une contribution importante au développement de l’enseignement supérieur dans la région.

L’objectif du projet était de doter l’EDSEJ d’infrastructures modernes répondant aux exigences de l’enseignement universitaire. Le futur bâtiment devait représenter un investissement estimé à près de 100 millions de gourdes, avec un délai de réalisation initialement fixé à 36 mois.
Le financement devait être assuré grâce à plusieurs contributions, notamment celles de la société civile de Jacmel, du soutien de la Fondation Éric Jean-Baptiste, ainsi que d’un engagement financier de la famille Khawly, qui devait couvrir environ 20 % du coût total du projet.
Selon les plans élaborés par l’architecte Ja-Beaudeline Fleurant, le campus devait prendre la forme d’un complexe moderne de quatre étages comprenant des salles de cours, une bibliothèque, une cafétéria, une librairie, un auditorium ainsi que des appartements destinés aux enseignants et aux étudiants.
Après un début de chantier marqué par quelques avancées, les travaux ont toutefois progressivement ralenti avant de connaître de longues interruptions. Plusieurs observateurs estiment que cette situation serait liée aux difficultés survenues après le décès de l’homme d’affaires Éric Jean-Baptiste, dont l’implication avait joué un rôle déterminant dans le lancement du projet.
Aujourd’hui, la structure partiellement construite reste visible sur le site, témoignant d’un projet qui peine à se concrétiser.
Pour les étudiants de l’École de droit et des sciences économiques de Jacmel, l’absence d’un campus permanent demeure un véritable défi. L’institution fonctionne encore dans des locaux temporaires, souvent jugés inadaptés à la taille de la communauté universitaire, ce qui limite la capacité de l’établissement à offrir des conditions d’enseignement et de recherche conformes aux standards universitaires.
De nombreux étudiants estiment pourtant que la réalisation de ce campus pourrait transformer leur environnement académique et renforcer l’attractivité de l’UEH dans le département du Sud-Est.
Face à l’arrêt prolongé des travaux, plusieurs voix s’élèvent au sein de la société civile pour réclamer davantage d’explications sur l’état d’avancement du projet et sur l’utilisation des ressources annoncées. Certaines organisations locales appellent également à plus de transparence dans la gestion de l’initiative et à une relance rapide du chantier, afin d’éviter que ce projet ne devienne un symbole d’échec institutionnel.
Pour plusieurs acteurs locaux, l’achèvement de la faculté de droit de Jacmel représente un enjeu majeur pour l’avenir de l’enseignement supérieur dans le Sud-Est. Au-delà de l’amélioration des infrastructures universitaires, ce projet pourrait renforcer la présence de l’UEH dans la région et offrir de meilleures perspectives aux jeunes étudiants.
Cependant, six ans après le lancement du chantier, l’avenir de cette faculté demeure incertain, laissant la communauté universitaire dans l’attente d’une relance concrète des travaux.

La Redaction de Hebdo POST
