Scandale d’État : le RHAJAC exige la démission d’Alix Didier Fils-Aimé après des révélations sur des contrats opaques
Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) a appelé à la démission du Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, qu’il accuse de manquer de crédibilité pour rétablir la sécurité et organiser des élections dans le pays, à la suite de nouvelles révélations sur des contrats jugés opaques.
Dans un communiqué publié ce samedi, l’organisation estime que le départ du chef du gouvernement est nécessaire pour préserver la souveraineté nationale et éviter une aggravation de la crise politique et institutionnelle. « Il n’est jamais trop tôt pour dire non afin de prévenir le pire », affirme le RHAJAC dans sa déclaration.
Le réseau rappelle avoir déjà dénoncé, à plusieurs reprises, l’octroi de plusieurs milliards de gourdes sous forme de subventions et de contrats attribués à des proches du pouvoir ou à des firmes internationales, dans des conditions qu’il juge contraires aux intérêts de l’État haïtien.
Ces préoccupations ont été renforcées par les révélations rendues publiques le 5 mars 2026 par la Fondasyon Je Klere (FJKL). Selon cette organisation de défense des droits humains, certains contrats qualifiés de léonins impliqueraient plusieurs milliards de dollars et transféreraient à des entreprises étrangères des fonctions régaliennes de l’État, notamment dans les domaines de la sécurité, de la gestion des prisons, des douanes et du contrôle des frontières.
Pour le RHAJAC, ces décisions témoignent d’une incapacité manifeste du Premier ministre à assumer les responsabilités fondamentales de l’État, notamment le rétablissement de la sécurité et l’organisation d’élections crédibles, dans un contexte marqué par un chômage massif chez les jeunes.
Le réseau rappelle également que lors des élections de 2015, Alix Didier Fils-Aimé avait été candidat au Sénat pour le département de l’Ouest sous la plateforme Vérité, aux côtés du professeur Jacky Lumarque. Ce dernier avait été écarté de la course présidentielle le 19 juin 2015 par le Conseil électoral provisoire (CEP), en raison de l’absence de décharge dans sa gestion du Groupe de travail sur l’éducation et la formation (GTEF).
Selon le RHAJAC, cette situation soulève un soupçon de conflit d’intérêts, notamment en raison de trois subventions de 50 millions de gourdes chacune, soit un total de 150 millions de gourdes — plus d’un million de dollars américains — qui auraient été accordées à Jacky Lumarque.
Face à la gravité de ces accusations et à ce qu’il considère comme une accumulation de décisions mettant en péril les intérêts nationaux, le réseau exige la démission immédiate du Premier ministre. Il estime qu’un tel départ pourrait permettre l’ouverture d’enquêtes indépendantes, notamment par l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), afin d’examiner les conditions d’attribution de ces contrats et les responsabilités éventuelles des signataires.
Le communiqué est signé par Djovany Michel, secrétaire général du RHAJAC.
Contact presse : +509 3456 4848
Pour authentification : rhajac.org

La Redaction de Hebdo POST
